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Presse

01-04-2008 - Le Loiret à l’assaut des biotechnologies !

Le vocable « biotechnologie » est aujourd’hui à la mode, souvent restreint aux OGM ou au clonage. Dans le département, il s’applique à une multitude d’activités high-tech, menées par un riche tissu de laboratoires publics et d’entreprises privées.

« Les biotechnologies entrent dans une phase de leur développement comparable à celle que les ordinateurs et l’informatique ont connue dans les années 1970-1980 », entend-on régulièrement à propos d’un secteur économique et scientifique, il est vrai, particulièrement dynamique.
D’ores et déjà, 5 000 PME de biotechnologies sont recensées dans le monde, dont un dixième en France. Avec, comme domaines de prédilection, la santé (diagnostic, traitements) bien sûr, mais aussi divers domaines industriels, dans la protection de l’environnement et dans l’agroalimentaire notamment.
Dans le Loiret, on parle biotechnologies dès la formation initiale, essentiellement à la faculté des Sciences de l’université d’Orléans. « C’est le cas avec une licence et trois masters intitulés
“Sciences du vivant”
», détaille François Lieutier, directeur du département de biologie.

Start-up innovantes...
D’ailleurs, dans les locaux de l’université, des étudiants poursuivent parfois leur cursus au sein de laboratoires (laboratoire de neurobiologie ou Institut de chimie organique et analytique - Icoa) ou de start-up pointues dans ce domaine. À la tête de l’Icoa, Olivier Martin évoque des travaux de synthèse de molécules bioactives, menés en partenariat avec l’industrie pharmaceutique, ou de chimie analytique, dans le cadre du projet Intérêt des substances naturelles dans la protection de la formulation cosmétique, pour la Cosmetic Valley, avec LVMH notamment.
Côté start-up, Glycodiag, pourtant créée en 2005 à Chevilly, oeuvre au sein de locaux universitaires à son projet « d’analyse des sucres complexes que l’on trouve à la surface des molécules naturelles », comme le résume son fondateur, Ludovic Landemarre. Après une dizaine d’années d’expérience professionnelle salariée et avec quelques aides institutionnelles (Oseo, Conseil général…), ce docteur en bio-physico-chimie travaille aujourd’hui avec un permanent et un doctorant sur cette thématique pointue, peu explorée jusqu’alors et pourtant capitale pour des domaines tels que le développement pharmaceutique, la cosmétique, les diagnostics de santé ou même l’environnement…
Avant Glycodiag, d’autres start-up orléanaises ont, elles aussi, investi le créneau des biotechnologies.
C’est le cas de Greenpharma, par exemple, qui, depuis 2000, traque, dans des plantes en provenance du monde entier, des propriétés biologiques ou cosmétiques originales. Ou encore de Key Obs, dont Fabrice Trovero, le co-fondateur parisien (également en 2000), explique qu’« elle teste in vivo, via ses observations comportementales sur des rongeurs, des produits dédiés au système nerveux central pour l’industrie pharmaceutique ou des entreprises de biotechnologies du monde entier ».
« Sans répondre à la définition stricte des biotechnologies telle que formulée par l’OCDE*, ce type d’activités relève des biotechnologies au sens large, précise Frédéric Ros, directeur d’Orléans Val de Loire Technopole. C’est-à-dire qu’elles résultent du mariage entre la science des êtres vivants, la biologie, et un ensemble de techniques nouvelles issues d’autres disciplines comme la génétique, la biochimie, la biologie moléculaire, l’informatique… »
Mais cela ne veut pas dire que le Loiret ne développe pas, sur son territoire, de biotechnologies au sens strict. Des techniques aussi pointues que le génie génétique ou la transgénèse sont aussi dans ses cordes, comme l’attestent les activités de nombreux laboratoires publics…

... et laboratoires nationaux
À l’Inra d’Ardon, par exemple, Gilles Pilate, directeur de recherche, mentionne les travaux conduits sur « la formation du bois sur le plan moléculaire, grâce à une approche génomique et à l’étude de peupliers OGM »… Au BRGM, c’est une unité d’écotechnologie, qui, sous la responsabilité de Dominique Morin, étudie « l’activité de microorganismes naturels à des fins de valorisation minérale (dégradation de minerais pour récupérer des métaux), de biogéochimie (activité biologique des sols) ou d’utilisations environnementales (traitement des sols, valorisation des déchets) ».
Quant au CNRS, son voisin sur le campus de La Source, il dispose d’au moins deux spécialités directement liées aux biotechnologies. C’est le cas avec le CBM (Centre de biologie moléculaire, 160 personnes) et ses travaux sur la réparation de l’ADN, les protéines liées à l’immunologie, la structure des molécules du vivant…
« Avec de nombreuses applications liées au traitement du cancer », précise son directeur, Jean-Claude Beloeil.
Mais c’est aussi le domaine de l’unité IEM (Immunologie et embryologie moléculaire), qui rassemble 45 chercheurs et des dizaines de milliers de souris. Et Valérie Quesniaux, sa directrice, de détailler les domaines de recherche concernés : « Les réponses immunitaires à la tuberculose, la malaria, l’asthme allergique, la trisomie 21… »
Pas de doute, dans le Loiret**, les biotechnologies sont à l’oeuvre !

* L’« application de la science et de la technologie aux organismes vivants, à d’autres matériaux vivants ou non vivants, pour la production de savoir, biens et services ».

** N’ont pu être citées dans cet article les entreprises ACM Pharma, à Bellegarde, Merck Estapor, à Pithiviers, Agro-Bio, à La Ferté-Saint-Aubin…

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